Une fourmi de dix-huit mètres

Une fourmi de dix-huit mètres

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête
Ça n’existe pas ça n’existe pas

Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards
Ça n’existe pas ça n’existe pas

Une fourmi  parlant français
Parlant latin et javanais
Ça n’existe pas ça n’existe pas

Une présidente qui fait tout sans
informer les adhérents,
Ça n’existe pas ça n’existe pas

Et pourquoi pas ?

En hommage à Robert Desnos

Gérard Mercey

Réponse à l’attaque de Guy Lechartier

Attention aux extrapolations hâtives

Dans les déclarations de candidatures soumises aux adhérents, tous ceux qui se présentent devant vous parlent de leurs espoirs pour l’association, de ce qu’ils pensent pouvoir lui apporter, de leur passé associatif, etc., etc.

Tous ! Sauf un.

Guy Lechartier a cru bon de terminer sa déclaration de candidature par une attaque personnelle qui me vise précisément et qui n’est pas sans compter un petit relent de délation.

Il écrit :

«Je tiens à signaler qu’un membre du Groupe UL 2020 a demandé la démission de la Présidente et du secrétaire général».

S’agirait-il donc là d’un crime de lèse-majesté ?

Bien que cette déclaration détonne un peu dans pareil cadre et que mon nom ne soit pas précisément cité, personne ne peut ignorer que je suis le « membre » en question. Celui par qui le scandale arrive!

Cette déclaration lui semblant d’une grande importance je tiens à en préciser la réalité et les contours :

1) je n’ai jamais demandé la démission de la présidente ni du secrétaire général. Si je l’avais fait, ce n’aurait pu être que dans les formes légales c’est-à-dire par une inscription à l’ordre du jour et la mise en place d’un vote[1]. Nulle trace de ces éléments ne pourra être fournie.

2) ceci étant éclairci, serait-il vraiment scandaleux que je fasse une pareille demande? Visiblement non ! Sur le forum du site loi1901.com, un avocat écrit à ce propos : « Quand le président d’une association commence à se prendre pour Napoléon, qu’il décide de tout sans en référer au CA ou au bureau et qu’il s’amuse à faire des avions en papier avec les statuts, la question se pose effectivement d’une façon souvent urgente ». La ressemblance est frappante et le cas est malheureusement fréquent!

3) je pense que Guy Lechartier, auquel je garde une certaine estime, a fait une petite extrapolation. Lorsque la présidente a autorisé les perquisitions et a donné à la police la totalité du nom des adhérents et des dossiers de l’association j’ai dit et je le répète, qu’il s’agissait là d’une faute grave. Et j’ai ajouté : « si, lorsque j’étais en charge d’une association nationale,  j’avais commis une pareille faute, j’aurais donné ma démission le lendemain matin ». Force est donc de constater que je n’ai rien demandé concernant la présidente, j’ai simplement indiqué ce qu’aurait été mon attitude en pareille circonstance.

Ensuite, c’est à chacun son éthique!

Jean BRISSONNET

—————————————–

[1] “Si les statuts ne prévoient rien, les dirigeants sont considérés comme de simples mandataires. Or l’article 2004 du Code civil dispose qu’une association peut destituer ses mandataires quand elle le souhaite, sans avoir à justifier sa décision. L’organe compétent pour révoquer le dirigeant est celui qui l’a investi de son mandat (assemblée générale, bureau ou conseil d’administration). Par exemple, si celui-ci a été élu par le bureau, il ne pourra être révoqué que si le bureau vote favorablement”

.(https://www.assistant-juridique.fr/revocation_dirigeant_association.jsp)

Réponse aux attaques Ad Hominem

La vérité vaut mieux que les attaques et les sous-entendus

Dans le rapport moral qui est publié par la présidente je suis l’objet d’attaques ad hominem. Bien sûr, on ne me cite pas nommément, mais tout le monde sait quel est le membre du conseil d’administration qui a démissionné au cours de l’année 2020.

Passons sur le fait qu’une telle attaque personnelle n’a pas sa place dans le rapport annuel d’une association.

Elle écrit : « Enfin, un nouvel élu du CA, a eu un comportement inadmissible jusqu’à sa Tudémission en mai : critiques permanentes, insultes, mise en cause des statuts, essai de scinder l’équipe, attaques systématiques de la Présidente et du Secrétaire Général, relayées par quelques personnes via la liste de discussion interne à l’association » .

Il est exact que j’ai dit à l’époque franchement, en face, à la présidente que l’acceptation de la perquisition était une faute impardonnable. Je persiste et signe. Le fait de l’avoir exprimé m’a valu d’être accusé d’être insultant et d’être menacé de me faire passer devant la commission des conflits dont on sait que la présidente est la membre principale.

Vous avez dit séparation des pouvoirs ?

Depuis quand la contestation du comportement des dirigeants et l’affirmation de son attachement à la démocratie constituent-elles un comportement inadmissible? Quant aux insultes, j’attends qu’on m’attaque devant la justice pour « injures publiques » . Je crois que j’attendrai encore longtemps.

La présidente fait ensuite état de ma remise en cause du vote systématique par correspondance et surtout de la légalité des statuts.

Là encore, j’affirme à nouveau que les statuts de 2016 ont été adoptés par correspondance alors que les précédents statuts de 2011 exigeaient pour cela un vote par les présents et représentés. C’est un cas de cassation des statuts qui s’est déjà produit et dont on connaît la jurisprudence.

Il est vrai que dans le groupe UL 2020, nous souhaitons que le vote soit un acte qui marque une certaine volonté de participer au devenir et au fonctionnement de l’association. C’est pourquoi nous préférons le vote « en présentiel, par procuration, ou par correspondance sur demande de l’adhérent ».

N’insistons pas sur les conditions dans lesquelles s’est passée la modification des statuts il y a quelques mois et qui ont fait voter les adhérents en postulant qu’ils apporteraient une réponse positive .

Les adhérents qui me lisent doivent savoir que pendant tout le temps où j’ai été présent au conseil d’administration, la présidente et le secrétaire général ont systématiquement refusé de participer à ces discussions et nous ont ensuite informés des décisions qu’ILS avaient prises.

La présidente termine en disant :

«Exercer son «Ultime Liberté», choisir l’heure de sa mort, la préparer dans la sérénité, est l’acte le plus important de notre vie: il ne s’improvise pas.

Jusqu’à maintenant c’est un esprit libertaire : reconnaissant la seule autonomie

de la personne, qui a prévalu dans l’esprit de notre association : j’espère qu’il en sera  toujours ainsi ».

Qu’elle sache que nous l’espérons aussi et que nous souhaitons que la chose ne soit pas seulement souhaitée, mais qu’elle soit aussi possible grâce à une association remise en ordre de marche.

Jean BRISSONNE

Rétention d’information?

 Rétention d’information?

Sur le site du groupe « Continuer et Développer » dont les principaux candidats sont Claude Hury et Armand Stroh, Guy Lechartier autre candidat a publié une mise en cause de deux membres du « groupe UL 2020 ».

C’est parfaitement son droit, comme il est parfaitement de notre droit de pouvoir lui répondre. Ce que nous avons fait, G Mercey et moi-même, dès le 1er septembre 2020.

Or les commentaires du site « continuer et développer » sont « modèrés » ce qui veut dire qu’ils n’apparaissent pour les visiteurs du site que si le webmestre en donne l’autorisation.

Cette méthode se justifie pleinement lorsqu’il s’agit d’empêcher certaines personnes de ne pas suivre la Netiquette et de se livrer à des insultes ou a proférer des grossièretés.

Nos réponses ne sont pas concernées et n’ont donc aucune raison de n’être pas publiées.

Dans tout site qui se respecte la modération intervient au maximum dans les 24h (ou alors on choisit de ne pas mettre de modération, ce que j’ai fait sur le site du “groupe UL 2020”, car nous n’avons pas peur du débat et de la contradiction pourvu qu’elles  se fassent sur des bases objectives.

Il y a maintenant 5 jours que ces réponses ont été postées. Donc, ou le site est mal géré (probablement par Armand Stroh ) ou le webmestre a décidé de ne publier nos remarques que  … le 18 octobre.

Je ne peux croire que les membres du CA actuel et en particulier Guy Lechartier soient complices de cette rétention d’information.

Voici donc l’intégralité des éléments du débat c’est-à-dire l’article de Guy Lechartier et nos deux réponses.

Bonne lecture.

Jean Brissonnet

 

=========================

Mise au point du 31 août 2020
par Guy LECHARTIER

Lorsque les candidats du Groupe UL 2020 affirment, sans rien prouver , que la présidente et le secrétaire général décident seuls, ils affichent un mépris pour les membres du C.A. qui n’est pas admissible.

Nous ne serions que des marionnettes manipulées par le « couple impérial » comme ils se plaisent à les appeler.
Depuis que je suis membre du CA, il n’y a qu’une personne qui a essayé de me manipuler c’est J. Brissonnet en voulant me dresser contre la présidente et le secrétaire général, mais en vain.

Quant aux accusations concernant notre incapacité à agir pour un fonctionnement paisible et démocratique émanant de celui, parmi d’autres, qui a créé un climat délétère dans les échanges allant jusqu’à demander la démission de la présidente et du secrétaire général avec pour argument « il devient urgent de revenir à une conception déontologique du fonctionnement d’U.L. », c’est cocasse !

Gérard Mercey a démissionné parce que « la trésorière avait un rôle réduit, ne voulant pas cautionner de telles dérives ».
Quelles sont-elles ? Il affirme que la situation de n’est pas améliorée et pourtant il fait liste commune avec Guy Vieillechaize, trésorier avant moi, et qui a mis en place une comptabilité analytique qui donne satisfaction.

Il existe des divergences avec le Groupe UL 2020 mais ce sont des divergences de fond qu’ils n’expliquent pas dans leur réquisitoire et dont nous débattrons l’année prochaine avec les adhérents.

UL 2020, c’est presque fini, demain c’est 2021 !

Guy Lechartier

———————————–

 Réponse de G Mercey toujours en attente de modération

“Monsieur Lechartier juge bon de me citer personnellement, sans m’en avoir informé, tout en demandant quelles dérives j’avais constatées. C’est un peu curieux comme démarche, mais passons! Je précise donc le point qu’il évoque : les comptes de l’association pour l’année 2017, soumis au CA début 2018, ont été établis par la présidente et non par la trésorière. Au début du repas qui réunissait le premier CA de la mandature à Dijon, la présidente a présenté une liasse de papiers, et a demandé à la trésorière de valider ces comptes sur un coin de table pendant le repas; en fait il suffisait qu’elle signe sans qu’elle les ait vus auparavant, et sans avoir le temps de les examiner. Elle n’avait pas vu non plus les pièces justificatives. Je me suis élevé contre ce fait qui revenait à confisquer  le rôle de trésorier par la présidente (d’autant plus qu’une part des dépenses significatives correspond à des déplacements de la présidente). Je précise aussi que lors de ce CA, les comptes n’ont donc pas été validés, et je n’ai pas pu obtenir de modification au Compte rendu sur ce point.

J’ajoute que Monsieur Lechartier indique un seul des motifs qui m’avaient conduit à démissionner. Je n’ai pas voulu afficher dans ma candidature les autres motifs, pour ne pas mettre en risque Ultime Liberté (nous vivions une période difficile fin 2017….). J’invite M Lechartier à se rapprocher de la présidente pour consulter ma lettre de démission détaillée, et accessoirement à se demander s’il assure bien tous les contrôles relevant d’un trésorier.”

Gérard Mercay

—————————————–

Réponse de J Brissonnet toujours en attente de modération.

Mon cher Guy,

Puisque tu me cites nommément, je me vois dans l’obligation de rectifier un certain nombre de tes affirmations, tout en assumant pleinement ce qu’a été mon action au sein du conseil d’administration.

Je n’ai jamais essayé de te manipuler, j’ai simplement essayé de te faire voir la réalité et je l’ai fait d’autant plus que je te considère comme quelqu’un d’intègre et de lucide. Et ce n’est pas ce que tu viens d’écrire qui me fera changer d’avis!

Que tu puisses dire que la présidente et le secrétaire général ne décident pas seul et que le CA est largement associé aux décisions,  prête à rire.

La chose est peut-être exacte depuis ma démission, car elle a constitué un coup de pied dans la fourmilière qui a bien entendu nécessité que ceux qui dirigent l’association se fassent des amis, mais je ne suis plus là pour le voir.

Comment les membres du CA auraient-ils pu être associés aux décisions alors que Claude et Armand ont refusé pendant toute ma présence au conseil d’administration de se manifester sur la liste de discussion que j’avais créée et dont le principe avait pourtant été accepté à l’unanimité ?

Dire que j’ai créé un climat délétère est un point de vue. J’admets volontiers que j’ai essayé de faire ce que personne n’avait fait avant moi: faire changer les choses de l’intérieur, ce qui nécessitait forcément de s’opposer au pouvoir en place. Ceux qui m’ont précédé ont préféré ne pas se représenter ou démissionner. J’avais promis de ne pas le faire et de poursuivre la lutte, mais la pression était trop forte et je n’ai pas tenu parole.

Si j’ai écrit quelque part que « il devient urgent de revenir à une conception déontologique du fonctionnement », je l’assume pleinement et je le maintiens. Toutes les associations qui n’ont pas eu la sagesse de mettre une limitation des mandats dans leurs statuts glissent irrémédiablement vers une dérive autoritaire. Je te conseille à ce sujet de lire le texte de François Lambert[1]. Il n’a pas été membre d’ultime liberté et pourtant tu ne pourras pas nier qu’il décrit exactement ce qui sy passe.

Tous les gens qui ont approché de près ou de loin la direction d’Ultime Liberté savent pertinemment que ce que je viens d’écrire est la vérité, mais puisque tu le désires je vais t’en donner une preuve parmi tant d’autres.

Tu te souviens certainement qu’avant les problèmes de confinement une controverse est apparue à l’antenne de Poitiers. Il a été suggéré de faire revivre une commission des conflits. Sur la liste où nous débattions (en l’absence de Claude et Armand), nous avons alors commencé une discussion avec Nicole et Patrice. Nos échanges, souviens-toi ,nous ont même amenés à évoquer l’idée de faire intervenir un professionnel de la médiation. Et puis un jour la présidente, méprisant notre débat, a annoncé que la commission des conflits, ce serait “elle” avec quelqu’un qu’elle désignerait. Ce qu’elle a fait: elle a décidé qu’elle irait à Poitiers avec Patrice. Le Covid 19 enterré cette affaire qui semble s’être résolue seule aujourd’hui

Ce n’est qu’un exemple, mais je fais confiance à ton honnêteté pour ne pas en contester la réalité. Il serait dommageable pour tous de devoir demander à Nicole et à Patrice de témoigner à ce sujet.

Vous avez un programme, nous en avons un, débattons de l’avenir et évitons donc de nous concentrer sur un passé où les paroles ont parfois dépassé la pensée. Même s’il faut bien admettre que ces paroles ont permis, semble-t-il, de faire modifier certaines attitudes.

Tu dis que demain c’est 2021, mais tu oublies qu’avant il y a encore 2020 et que ni toi ni moi ne savons quelle sera la structure du prochain conseil d’administration.

Les électeurs décideront.

Jean Brissonnet

—————————————————-

[1] Blog “Vivre sa mort”: https://vivresamort.org/2020/06/01/de-la-democratie-en-association/

Toute question au CA

Toute question au CA ne mérite qu’une absence de réponse.

La première réaction de la direction d’ultime liberté lorsque nous avons fait connaître notre candidature était assez prometteuse. On pouvait y lire[1] :

Cette déclaration publique d’une opposition organisée permet au CA actuel et à tous ceux qui veulent assurer la continuité des objectifs des fondateurs de l’association en renouvelant les conditions du fonctionnement de l’association pour les adapter aux circonstances nouvelles apparues notamment depuis l’automne 2019 de préciser leur propre programme et de présenter leurs propres candidatures, dans des conditions plus claires pour la vie associative.

Il était donc admis que notre groupe (qui n’est pas un groupe d’opposition, mais un groupe de propositions) voulait “assurer la continuité des objectifs des fondateurs de l’association“. De l’aveu même de la direction d’UL, nous n’étions pas des destructeurs, des ambitieux, mais implicitement il était admis que nous étions là pour poursuivre le but que l’association s’était fixé .

Il était dit aussi que notre candidature permettrait de renouveler : « les conditions de fonctionnement de l’association ». Tous les espoirs étaient donc permis.

Nous avons considéré que la présentation des candidats défendant des projets différents pour l’avenir de l’association serait l’occasion de se confronter, de débattre sereinement, dans cette période précédant l’assemblée générale.

Nous avons donc immédiatement créé sur notre site une catégorie intitulée : « Nos échanges avec le CA ». Et nous nous sommes empressés d’amorcer le dialogue en posant au CA une, puis deux, puis trois questions précises.

Force est de constater que la première déclaration qui prétendait apporter « des conditions claires pour la vie associative » n’a été formée que  de vaines de paroles.

Ceux qui ont approché le conseil d’administration et la direction actuelle savent que les envois au siège restaient sans réponse, de façon si chronique que cela ne pouvait qu’être voulu. C’est pourquoi ils ont apprécié de pouvoir joindre directement tous les membres du CA, via l’adresse ca@ultimeliberte.fr , en décembre 2019, Nicole Ernest étant chargée de gérer le dialogue interne au CA et de faire la réponse.

Ce fonctionnement démocratique a été très bref, puisqu’aucun des courriels adressés au CA par le groupe UL 2020 à cette adresse n’a reçu de réponse. La direction actuelle d’UL a donc malheureusement respecté sa tradition : « Toute question ne mérite qu’une absence de réponse ».

Aux adhérents de savoir lors de leur vote si ce type de comportement leur donne satisfaction et surtout s’il est profitable à l’association dans la mesure où elle se prive ainsi des éléments les plus actifs, les plus créatifs et les plus dynamiques.

Comme le constate François Lambert[2] « … les militants actifs sont en général choisis par le grand chef. Il y prend un soin tout particulier, et concentre ses attaques sur très peu d’entre eux, en les dégageant un à un, méticuleusement, en cas de problème.

C’est ce qui s’est passé depuis la fondation de l’association. Le nombre de démissions qui jalonne son histoire est là pour le prouver.

Alors que le CA termine la préparation de la prochaine AG, il refuse donc que tous les candidats aient connaissance des documents de vote. Il y a donc là une différence de traitement qui, devant un tribunal, pourrait amener à l’annulation de ces élections.

Le dialogue n’a pas eu lieu, c’est maintenant le temps du choix

JB



[1] http://s812533741.onlinehome.fr/assemblee-generale-extraordinaire-2020

[2] https://vivresamort.org/2020/06/01/de-la-democratie-en-association/

Ultime Libérté et Alain Cocq, je n’y comprends pas grand’chose.

Ultime Libérté et Alain Cocq, je n’y comprends pas grand’chose.​

Alain Cocq est un adhérent d’Ultime Liberté qui vient d’écrire au président de la République. Il médiatise en ce moment sa décision d’arrêter traitement, alimentation, et hydratation, à partir du 26 août 2020. Il annonce que cela entraînera sa mort, et qu’elle sera lente. Je n’ai pas saisi s’il peut prétendre à la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès  prévue par la loi Claeys-Léonetti, car rien, dans ce que j’ai lu n’affirme nettement qu’il est «en fin de vie», au sens de cette loi.

Ce que j’apprends sur la position de notre association est très fragmentaire. Mais montre que c’est très loin de ce que notre groupe UL 2020 souhaiterait qu’Ultime Liberté fasse pour l’un de ses adhérents.

Que s’est-il passé entre Alain Cocq et les accompagnants de son antenne de Dijon pour qu’il annonce qu’il va mourir dans la souffrance, le médiatise, et ne parle pas d’Ultime Liberté ?

Il est manifeste que les grands principes de solidarité et d’entraide, énoncés dans l’article 1 de nos statuts, n’ont pas été sollicités, ou n’ont pas pu être concrétisés. Je ne sais pas pourquoi.

La déception au sujet de l’accompagnement a été l’une des raisons de la création du groupe UL 2020. Dans son projet, le groupe écrit qu’il prévoit des actions concrètes pour améliorer les pratiques actuelles d’entraide et solidarité. Si cela pouvait éviter qu’un adhérent envisage, en pleine conscience, de terminer sa vie dans les conditions que prévoit Alain Cocq !

Pourquoi, sur le site  d’Ultime Liberté, la seule intervention officielle se contente-t-elle de nous apprendre qu’Alain Cocq est «l’un de nos adhérents», et  de nous dire «merci de votre participation éventuelle  à la diffusion de cette situation dramatique» ?

Je trouve bien trop timoré le conseil de « participation éventuelle ». Cependant, cette suggestion émane de la présidente, qui la signe, et parle donc au nom de nous tous. Elle demande que nous évoquions, sans détailler, la «situation dramatique» d’Alain Cocq ; cela me semble très insuffisant, surtout s’il n’est pas en fin de vie au sens de la loi. Il m’aurait paru préférable qu’Ultime Liberté suggère officiellement de mentionner ce qui fait notre spécificité : nous sommes la seule association qui  demande l’élargissement de la loi Claeys-Léonetti aux personnes qui ne sont pas en fin de vie. Maladie grave, vie accomplie, aucun critère ? Dans l’association, les opinions divergent. Le groupe UL 2020, dans son projet, dit que des réflexions de fond devraient avoir lieu dans les antennes, sur ce thème comme sur d’autres. Il a prévu un collectif national pour les aider. Et il y a de quoi réfléchir ! Et de quoi agir !

Pourquoi Ultime Liberté ne prévoit-elle pas un communiqué ?

Alain précise que «à partir du 26 août, tout sera retransmis en direct sur ma page Facebook». Cela montre combien notre association a à améliorer ses réflexions et actions, par rapport aux medias. Nous l’avions déjà tristement constaté, lors des difficiles décisions liés au coronavirus.

Le groupe UL 2020 considère que les prises de position médiatiques devraient être décidées par les organes souverains de l’association (AG, CA). Je crains que, hélas, la présidente n’aie consulté personne avant de décider que ce qu’il convenait de faire se limitait à ce qu’elle a signé sur le site d’Ultime Liberté… ; je me fonde sur ses habitudes, mais, évidemment, je ne suis pas formelle. A moins que ce soit Alain qui ne le souhaite pas, mais pourquoi, puisqu’il est adhérent ?

Pourquoi, sur la liste des échanges entre adhérents, trouve-ton l’intervention «nous sommes déjà un certain nombre à avoir envoyé une lettre personnelle (sans se recommander d’aucune association) à Emmanuel MACRON …» ? C’est signé Nicole Ernest.

Ce courriel propose une action militante aux adhérents d’Ultime Liberté, liée à l’un des objectifs principaux de l’association, l’élargissement de la loi Claeys-Léonetti, et leur dit, en même temps, de ne pas faire état de leur appartenance à Ultime Liberté. Les initiatives individuelles sont bonnes à prendre,  c’est mieux que rien, mais cette formulation paradoxale m’intrigue.

Pourquoi, sur la même liste, à la suite de ce que dit Nicole Ernest, le texte transféré depuis l’adresse «Claude Hury» semble-t-il écrit par notre présidente, alors que ce n’est pas le cas ?

C’est la reprise in extenso d’une interview d’Alain Cocq par la journaliste Fabienne Acosta, de France 3 Côte d’Or ; à cela près que son nom a été enlevé, et les références à l’émission supprimées.

Cela relève peut-être de la simple erreur. Mais j’ai cru, un instant, que c’était Claude Hury qui avait interviewé Alain Cocq ! Cela m’a fait attribuer à la présidente des propos qui ne sont pas les siens. Il m’a fallu aller sur internet, jusqu’à tomber sur FranceTVinfo, pour m’apercevoir de ma méprise. Ennuyeux !

Ce dont je viens de parler est très dérangeant, surtout dans un contexte aussi dramatique. Je crois que c’est le fonctionnement actuel d’Ultime Liberté qui l’induit. Tous mes espoirs de plus d’efficacité et de démocratie reposent sur les électeurs du futur CA…

Comme Alain Cocq fournit son adresse de messagerie dans sa lettre au président de la République, je lui envoie le lien vers notre site qui lui permettra de lire ce texte.

Je lui transmets mon admiration et mes vœux pour qu’il puisse mener sa vie conformément à ses idées et ses luttes, jusqu’au moment ultime.

Françoise Conte.

8 août 2020 16 h 07 min

Des conditions de la démocratie en association

Des conditions de la démocratie en association

Sur le blog, “Vivre sa mort”, créé en collaboration avec Nathalie Debernardi, François Lambert publie un article intitulé: “De la démocratie… en association”.

François Lambert, neveu de Vincent Lambert, a entrepris des études de droit pour venir au secours de son oncle et est devenu avocat en 2020. Il  a adhéré à l’association “le choix” en 2019,  mais l’a quittée quelques mois plus tard.

L’article qu’il écrit emprunte certainement beaucoup à cette expérience malheureuse, mais il contient un état des lieux criant de vérité sur le fonctionnement des associations orientées vers la fin de vie.

On ne peut qu’être d’accord avec lui sur le constat, mais les conclusions qu’il en tire sont discutables et le pessimisme dont il fait preuve est bien excessif.

Un constat lucide et désespérant

Commençons par l’état des lieux :

François Lambert écrit d’entrée:

[La] démocratie signifie souvent pouvoir personnel et sans partage.

Il semble étonnant qu’on puisse faire une telle affirmation qui est en totale contradiction avec la définition même de la démocratie. Ne serait-ce pas plutôt une perversion de la démocratie qui aboutit au pouvoir personnel ?

Il affirme que : «[Le] « sommet » attise les jalousies, et attire des personnes avides de pouvoir ».

Cette idée fortement répandue d’une lutte d’ambition personnelle est une manière de déconsidérer ceux qui s’opposent au pouvoir établi? Faute de pouvoir répondre valablement à ceux qui contestent, on tente de les déconsidérer par une attaque ad hominem. D’autant plus que le constat qu’il fait dans les paragraphes suivants justifie parfaitement que certains acteurs souhaitent déboulonner les statues, non pour en ériger d’autres,  mais pour mettre en place des conditions qui permettront que les dérives qu’il décrit ne se produisent plus.

Le constat qu’il  fait est malheureusement criant de vérité. Précisons bien qu’il ne traite que des associations “orientées vers des problèmes de fin de vie“. Heureusement d’ailleurs, car il serait facile de citer des contre-exemples d’associations qui fonctionnent parfaitement, où les élites se renouvellent et où nul dictateur n’est venu s’ériger en maître

Extrayons de son texte les passages les plus significatifs :

Tout d’abord, il arrive souvent que […] les personnes qui pourraient faire de l’ombre au grand leader émergent s’en vont, épuisées. Car ce dernier, qui possède finalement toute la machine, opère automatiquement une sélection parmi les gens qui l’entourent, parfois sans même s’en rendre compte, en se méfiant, jusqu’à la paranoïa, des personnes qui ne lui sont pas acquises. Et, par définition, celles qui sont dans le débat d’idée, ne le lui sont pas. Un leader peut ainsi se couper de nombre de possibilités de construire quelque chose, par sa volonté de s’isoler des « élites », en prétendant ne pas vouloir se couper de sa base, qui en devient son « peuple ». Il se trouve alors des vertus à agir comme cela, pour la pureté de la cause, ou pour la défense de la démocratie. Ou les deux.

Et il ajoute:

Le Président est souvent le seul à être vu dans les médias, lorsque l’association est médiatique. De sorte que les nouveaux adhérents viennent pour lui, et non pour l’association.

…/…

La défense de la cause peut justifier d’écraser tout ce qui alimente la désunion. Donc tout ce qui est en désaccord avec le Chef.

…/…

Et les militants actifs sont en général choisis par le grand chef. Il y prend un soin tout particulier, et concentre ses attaques sur très peu d’entre eux, en les dégageant un à un, méticuleusement, en cas de problème.

…/…

Et de fait, dans certaines associations « démocratiques », les Présidents font des scores de dictateurs, et pendant longtemps : élus parfois avec plus de 90 % des voix


Ce que l’on peut reprocher à cet article n’est pas de décrire une réalité incontestable, mais de ne pas approfondir les causes réelles de ces dysfonctionnements et de ne pas proposer de solutions autres que quelques généralités qui restent au niveau du discours pieux:

Il faut, en somme, et dès le début, permettre l’ouverture, la nuance, et en faire un ADN. Cela signifie aussi que d’autres associations soient ouvertes et capables de faire comprendre à leur base que le dialogue n’est pas la trahison d’une cause. Bien au contraire, c’est ce qui permet à une association de diffuser un message au-delà de ses rangs, et de cohabiter aussi pour éventuellement opérer une transition dans les meilleures conditions possibles.

On ne peut qu’approuver ce « il faut » encore doit-on aller plus loin et dire comment faire pour que cela se réalise dans la pratique.

Pour essayer de répondre à cette question, il est nécessaire de revenir sur la nature même de ce qu’est une association de la loi de 1901.

La loi de 1901?

L’association loi de 1901 a été proposée par Pierre Waldeck-Rousseau afin que les citoyens puissent s’unir dans un but précis sans avoir à demander, comme c’était le cas précédemment, une autorisation préalable.

Cette loi ne fixe que très peu de règles précises dans la mesure où on adhère volontairement à ce type d’association et que l’on ne peut vous empêcher d’en partir. Les adhérents d’une association sont donc reliés uniquement par un contrat et c’est d’ailleurs sur la législation des contrats que les juges s’appuient le plus souvent lorsqu’ils ont à régler un conflit associatif.

Ce contrat se traduit le plus souvent par la réalisation de statuts. Ce sont ces statuts qui ont force de loi.

Contrairement à une idée fort répandue, une association de ce type n’est pas forcément démocratique. D’ailleurs des partis politiques et des sectes prennent souvent la forme d’une association loi de 1901.

On peut considérer que les associations sont de deux sortes. Celles qui rassemblent des citoyens dans un but précis et celles qui sont fondées par une ou plusieurs personnes afin de les soutenir dans leur choix et dans leur action.

Le problème des associations de fin de vie est qu’elles font mine de concilier ces deux approches.

Elles sont le plus souvent fondées par une ou plusieurs personnes et prennent la forme d’une association démocratique destinée à lutter pour une cause. De là viennent les problèmes de gouvernance. La ou les personnes qui font une association pour rassembler autour d’eux des militants et des adhérents ont tendance à considérer que l’association leur appartient, d’où le constat fait par François Lambert.

À la recherche d’un fonctionnement apaisé

Pour éviter cela, la seule solution est la rédaction de statuts contraignants et lucides lors de la création de l’association, ce qui met en place les conditions pour éviter ces dérives. Sans  statuts clairs chacun peut faire ce qu’il veut pourvu de ne pas s’opposer au  chef. C’est le règne d’une pseudo-démocratie à la base et une autocratie triomphante au sommet .

C’est pourquoi ceux qui pensent que les statuts sont une chose auxiliaire dans une association et que seule compte la cause sont dans l’erreur.

Les fondateurs d’une association s’ils sont inamovibles dériveront presque inévitablement vers une autocratie. Pour que ce ne soit pas le cas, il faut que la structure les en empêche. Le président d’une association qui sait qu’il ne dispose que de quelques années de mandat ne cherchera pas à mettre en place un culte de la personnalité. Il sera plutôt dans l’obligation de former un successeur.

Cette condition est-elle suffisante ?

Probablement pas, car il se trouvera toujours quelqu’un d’assez habile pour faire modifier les statuts et retomber dans l’inamovibilité.

Pour que cela ne soit pas possible, il faut qu’il existe au sein de l’association une multiplicité de tendances, mais que pour vivre ensemble ces différentes tendances acceptent l’un des éléments fondamentaux de la démocratie : le vote. On peut avoir des visions différentes, mais pour éviter les interminables débats générateurs de frustrations et de rancunes, le vote doit trancher et la minorité doit toujours accepter de s’incliner devant la majorité.

Avec ces deux conditions: statuts précis et détaillés, pratique régulière du vote pour départager les tendances et éviter l’enlisement, l’association a toutes les chances de remplir les conditions qu’appelle de ses vœux François Lambert à la fin de son article :

 … L’absence de pensée unique, et la diversité des opinions identifiables.

Jean Brissonnet

26 juillet 2020 17 h 02 min